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Charges impayées en copropriété : à partir de quand agir ?

Recouvrement des charges de copropriété : quand agir, quelles solutions, quelles recommandations. Retour sur l'entretien accordé au magazine Monimmeuble.com.

Afreen AshrafNoé Taieb
Mᵉˢ Afreen Ashraf et Noé Taieb
VidéoRecouvrement des charges de copropriété : à partir de quand agir contre les impayés ?

Le 26 juin 2026, le magazine spécialisé Monimmeuble.com a consacré un entretien à Maîtres Alexandre Gauthier et Noé Taieb, avocats au Barreau de Paris et cofondateurs du cabinet Gauthier & Taieb. L'échange porte sur l'activité de recouvrement et sur l'outil développé par le cabinet. Retour, question par question, sur les points clés.

Pourquoi dédier son activité au recouvrement des charges ?

Interrogés sur la genèse du cabinet, les deux associés rappellent que la trésorerie d'un immeuble conditionne tout le reste : entretien des équipements, mise en œuvre des travaux, sécurité des parties communes. Préserver cet équilibre financier suppose en premier lieu de recouvrer les charges impayées, le cabinet en a fait son engagement.

Des échanges avec les différents acteurs de la copropriété (gestionnaires, comptables, chargés de contentieux, conseils syndicauxOrgane du syndicat des copropriétaires, composé de copropriétaires élus en assemblée générale, chargé d'assister le syndic et de contrôler sa gestion.§Loi du 10 juillet 1965, art. 21, copropriétaires) ont mis en avant deux besoins : celui de comprendre le processus de recouvrement ; et, côté syndic, celui d'être en mesure de piloter efficacement un volume croissant de dossiers.

À savoir

L'accompagnement du cabinet se déploie généralement en deux temps : une phase amiable (mise en demeureActe par lequel le créancier somme formellement le débiteur d'exécuter son obligation, par sommation de commissaire de justice ou par lettre portant interpellation suffisante. Elle fait courir les intérêts moratoires.§C. civ., art. 1344, protocole d'accord avec échéancier) puis, à défaut d'accord, une phase judiciaire visant l'obtention d'un titre exécutoireActe ou décision permettant au créancier de poursuivre l'exécution forcée de sa créance sur les biens du débiteur. La loi en dresse la liste, comprenant notamment la décisions de justice ayant force exécutoire ou l'accord transactionnel revêtu de la formule exécutoire.§CPCE, art. L111-3, puis son exécution (saisie immobilière comprise si nécessaire).

C'est de ce double constat, un besoin de compréhension du recouvrement et un enjeu opérationnel de pilotage des dossiers, qu'est né notre projet : un cabinet d'avocats entièrement structuré autour du recouvrement des charges de copropriété.

Alexandre Gauthier et Noé Taiebassociés du cabinet Gauthier & Taieb
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flowchart TD
      A["Impayé "] --> B["Relance et mise en demeure du syndic"]
    subgraph AM["Phase amiable"]
      direction TB
      B --> C["Mise en demeure de l'avocat"]
      C --> D["Protocole d'accord transactionnel homologué"]
    end
    subgraph JU["Phase contentieuse"]
      direction TB
      E["Assignation"] --> F["Jugement"]
    end
    C -->|"Sans accord"| E
    D --> H["Titre exécutoire"]
    F --> H
    H -.-> I["Exécution (saisie immobilière si besoin)"]
Schéma strictement illustratif d'un dossier de recouvrement : chaque étape y est particulièrement simplifiée.

Quelles difficultés rencontrent les syndics face aux impayés ?

Deux difficultés reviennent systématiquement dans les échanges rapportés par les associés.

Un volume de dossiers parfois difficile à piloter pour le syndic

Quelle que soit l'organisation du syndic quant au responsable du traitement des impayés (gestionnaire, comptable, service dédié ou syndic non-professionnel), un nombre important de dossiers doit être suivi, chacun porteur de problématiques juridiques et humaines propres. Hiérarchiser les priorités sans perdre le fil peut devenir une tâche ardue.

Un besoin de suivi renforcé

L'avocat a besoin d'obtenir les informations et pièces nécessaires à la procédure ; le syndic attend de lui un retour régulier (dates d'audience, délibérés, prochaines étapes) ; et le conseil syndical, comme les copropriétaires, souhaitent eux aussi pouvoir suivre l'avancement du recouvrement.

En quoi consiste la plateforme de suivi que propose le cabinet ?

Pour répondre aux difficultés mentionnées précédemment, le cabinet a développé une plateforme de suivi. Sa logique : centraliser l'information et fluidifier les échanges, sans toutefois imposer de canal. Chaque syndic a la flexibilité de choisir son mode de communication de préférence (plateforme du cabinet, échanges d'emails ou intégration dans son logiciel métier).

Un tableau de bord pour centraliser le suivi des dossiers

La plateforme s'ouvre sur un tableau de bord présentant les dernières mises à jour des dossiers, les actions à réaliser (une convention d'honoraires à signer, une assignationActe de commissaire de justice par lequel le demandeur cite son adversaire à comparaître devant le tribunal ; c'est l'acte introductif d'instance.§CPC, art. 54 à valider, par exemple) et un agenda des prochaines audiences et délibérés. Le détail d'un dossier fait apparaître chaque étape passées et à venir et regroupe au même endroit toutes les pièces de la procédure. Un export au format tableur recense les procédures en cours de chaque syndicat des copropriétaires. Ce document de travail s'avère précieux lors de la présentation en assemblée générale des procédures en cours.

Quand engager une action en recouvrement ?

C'est une question récurrente et particulièrement stratégique à laquelle il ne peut exister de réponse unique : le processus s'adapte à la phase amiable déjà menée par le syndic. Des critères objectifs peuvent toutefois donner quelques repères.

Le montant de la dette

Une action en recouvrement présente nécessairement un coût, qui doit rester cohérent avec le montant à recouvrer et la trésorerie de la copropriété. Un impayé d'environ 2 500 €1. Seuil indicatifL'opportunité s'apprécie au cas par cas.1. Seuil indicatifL'opportunité s'apprécie au cas par cas. constitue un seuil généralement pertinent, sans être suffisant à lui seul : des travaux votés avec des appels de fonds importants à venir peuvent justifier d'agir plus tôt.

L'ancienneté de la dette et la prescription

En matière de charges, le délai de prescriptionExtinction d'un droit résultant de l'inaction de son titulaire pendant le délai fixé par la loi ; au-delà, la dette ne peut plus être réclamée en justice. Le délai de droit commun est de cinq ans.§C. civ., art. 2219 et 2224 est de cinq ans2. Loi n° 65-557 du 10 juil. 1965, art. 422. Loi n° 65-557 du 10 juil. 1965, art. 42 : il faut agir dans ce délai. En règle générale, dès qu'un impayé atteint un an3. Seuil indicatifL'opportunité s'apprécie au cas par cas.3. Seuil indicatifL'opportunité s'apprécie au cas par cas., la question de l'action mérite d'être posée sérieusement.

Point d'attention

Il convient d'être très vigilant s'agissant des dettes anciennes de faible montant, typiquement attachées à un lot de parking ou de cave : le délai de prescription de cinq ans est susceptible d'en affecter une partie.

La situation du copropriétaire

La démarche diffère selon l'attitude du débiteur : un copropriétaire qui s'engage dans un dialogue, pouvant déboucher sur un paiement volontaire ou la mise en place d'un échéancier, n'appelle pas le même traitement qu'un débiteur qui ignore les relances ou a déjà été condamné. Cette souplesse trouve toutefois sa limite dans les contraintes de délai qui pèsent sur la trésorerie du syndicat.

Le moment opportun pour engager l'action judiciaire dépend surtout de la phase amiable qui a eu lieu, mais à partir de 2 500 euros d'impayés, c'est généralement un seuil raisonnable pour commencer à agir.

Noé Taiebassocié du cabinet Gauthier & Taieb

Quel conseil pour éviter que les impayés ne fragilisent une copropriété ?

Le conseil tient en un mot : anticiper. Dès les premiers impayés, il convient d'entrer rapidement en dialogue avec le copropriétaire : l'aspect humain reste central dans la recherche d'une solution. En revanche, si la démarche n'aboutit pas ou s'enlise, le cabinet recommande de mandater un avocat sans tarder.

Recommandation pratique

Le statu quo est à éviter, en particulier dans les situations complexes comme une succession vacante, où le syndic perd tout interlocuteur : attendre n'apporte aucune solution, mais ne fait qu'ajouter de nouvelles difficultés à la résolution du dossier.

Une fois mandaté, le cabinet adapte sa stratégie en fonction des mesures amiables déjà menées par le syndic : première mise en demeure du copropriétaire, ou à l'inverse ultime tentative de déboucher sur un protocole d'accord homologuéTransaction (accord mettant fin à un litige par des concessions réciproques) à laquelle le juge, par homologation, confère force exécutoire : elle vaut alors titre pour agir en cas de non-respect.§C. civ., art. 2044 ; CPC, art. 1565, donc un titre exécutoire mobilisable. À défaut d'accord, l'action judiciaire est lancée. Plus elle démarre tôt, plus le jugement intervient vite, ce qui limite nécessairement l'impact sur la trésorerie du syndicat des copropriétaires.

Anticiper, et ne pas hésiter à agir dès que la résolution spontanée semble improbable, demeure la meilleure protection pour l'équilibre financier d'une copropriété.

Noé Taiebassocié du cabinet Gauthier & Taieb
  1. 1.
    Seuil indicatif

    L'opportunité s'apprécie au cas par cas.

  2. 2.
  3. 3.
    Seuil indicatif

    L'opportunité s'apprécie au cas par cas.

Revue du cabinet

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Exposé en termes généraux. Toute situation d'espèce requiert sa propre analyse.